Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
L’ÉLECTION DU 28 NOVEMBRE 1958 A SACRE L’ABBÉ FULBERT YOULOU SUITE A UN MAUVAIS CALCUL DU PRÉSIDENT JACQUES OPANGAULT ET, LA DÉFECTION DE GEORGES YAMBOT EST POSTÉRIEURE A CELLE D’ITOUA HENRI : RÉFLEXION HISTORIQUE
A Mr. OBOURABASSI
Mon post sur demainlenouveaucongobrazzaville.org, le blog du Lion de Makanda vous a fait réagir atrocement, amenant vainement le sujet dans un champ politique. Hélas ; cependant, pour ce genre d’échange ayant un caractère historique, il y a - comme dans un procès criminel ou autre -, un ordre procédural qui détermine l’intime conviction des jurés. C'est-à-dire un faisceau d’éléments qui traduisent un fait et amènent à des conclusions fortes véritablement éprouvées. Déjà hier, avant la publication de votre réaction, je notais à l’attention du Lion de Makanda, dans un cercle restreint, s’agissant de mon analyse de l’article de la Sœur Lissoubiste Chantal Moussirou:
« (...) Tu auras certainement des réactions (..). Celle qui soutient qu’Itoua Henri avait fait défection lors du vote du président de l'assemblée constituante après la mort de Dumont. Ce qui est central, c'est que la défection de Yambot a précédé celle d’Itoua Henri. Et les députés transfuges n'avaient pas le droit de vote. En fait, ils s'autodisqualifiaient pour faire pencher la balance dans un sens comme dans l'autre (…)»
Ce point de vue n’a même pas été abordé. C’eût été plus intéressant intellectuellement parlant. Ne nous parons pas de fioritures inutiles et posons les questions sérieuses, essentielles :
La défection de Georges Yambot est-elle postérieure à celle d’Itoua Henri ?
La réponse est affirmative.
Deuxième question, les députés transfuges avaient-ils toujours un droit de vote sur les questions décisionnelles ?
La réponse est négative. Martial SINDA (Né en 1935) in LE MESSIANISME CONGOLAIS ET SES INCIDENCES POLITIQUES, dit à la Page 272 : « (…) Finalement, Youlou et Opangault, sous l’égide du haut commissaire, concluent le 19 Septembre 1957 un accord réglant les cas litigieux (…) ».
Quel est donc et accord ? Se référer au Professeur Ndinga-Mbot qui développe le sujet. Alors, Yambot n’avait temporairement plus le droit de vote sur certaines questions essentielles.
Troisième question, Henri Itoua a-t-il fait défection le jour de l’élection du Premier ministre ?
La réponse est nuancée selon nos meilleurs historiens…
Continuons avec Martial SINDA, ainsi que nous l’avons fait avec le Professeur Ndinga-Mbot.
Page 273 : « Le 5 Mai 1958 a lieu à Pointe-Noire, alors capitale du Moyen-Congo, l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée. A la suite du décès accidentel du député Dumond (Confère notre petit mot au Lion de Makanda). (…) les 2 partis ont le même nombre de sièges : 22 contre 22. Mais le MSA va encore (NDA : Notez le « encore » qui évoque un précédent) jouer de malheur dans cette élection. Le député MSA de la likouala-Mossaka, Itoua (…) vote pour le candidat de l’UDDIA, Christian Jayle, élu par 23 voix contre 21 à Gaboka(…) ».
La conclusion s’impose d’elle-même, selon Martial SINDA, Henri ITOUA a fait défection avant le vote du nouveau texte constitutionnel qui fera élire l’abbé Fulbert YOULOU au poste de Premier ministre (cette version contredit de fait, l’une des versions citées dans le livre du Professeur Ndinga-Mbot que nous avons reprise).
Que dit Martial SINDA sur la journée du 28 Novembre ?
Page 278 : « Tous les députés sont présents y compris Georges Yambot (…). ».
Question à triple pendants ( ?) : Qu’était devenu HENRI ITOUA ? Était -il absent à ce moment précis ? Était- il revenu à de meilleurs sentiments ?
Page 279 : (…) Par une maladresse insigne, le président Opangault suivi de tous ses députés quitte l’Assemblée en signe de protestation, laissant ainsi toute liberté de manœuvre à l’UDDIA. (…) ».
LE PRÉSIDENT OPANGAULT AVAIT FAIT UN TRÈS MAUVAIS CALCUL POLITIQUE. On sait que la politique de la chaise vide n’a jamais payé quand elle est appliquée par dépit ou manque d’alternative (absence de Plan B). Cette sortie a fait jouer le jeu de la majorité absolue (moitie plus 1). Majorité qui, pour les 23 députés présents, faisait valoir la légitimité du vote a 12 votants (la majorité des participants). Il s’agit donc de replacer sur le plan historique le poids de l’absence d’Henri ITOUA et / ou la présence de Georges Yambot.
Cher Monsieur Obourabassi,
Je vais exaucer votre vœu en citant KIKOUNGA-NGOT, lui-même : Témoignage de KIKOUNGA-NGOT recueilli le 17 Avril 2010 in HISTOIRE GÉNÉRALE DU CONGO DES ORIGINES A NOS JOURS de Théophile OBENGA.
Page 29 (Note de bas de page) : « Youlou, se croyant tout permis, a renversé le gouvernement d’union nationale (…) en débauchant le député Yambhot, fils bakouélé(…) adopté par une femme ombamba (…) avec le concours de Christain Jayle. Yambot que j’ai habillé de la tête au pieds (…) ».
Petit paragraphe qui ferait l’élément d’une bonne analyse psychocritique. Aux intellectuels de faire le rapport entre le cas Kikounga-Ngot vs Georges Yambot et Pascal Lissouba vs Bernard Kolélas. Dans « Les Fruits de la passion partagée », Pascal Lissouba, sur l’escalade de Kolélas après sa défaite à la présidentielle, avait fait valoir les conséquences émotionnelles d’une défaite non envisagée. Idem pour Kikounga-Ngot qui à travers ses mots ne dira jamais « Yambot a commencé, mais Opangault a conclu ».