Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
COMMENTAIRE : Il est bon que les grandes idées se rencontrent. Voici un universitaire en la personne de Vivien Romain Manangou qui prend enfin le parti de toucher du doigt le problème du Congo. Ce texte se trouve dans le prolongement de celui que j'ai écrit lorsque je suis revenu d'un week-end passé à Paris au cours duquel j'ai rencontré ce brillant jeune homme pour la première fois.
Nous l'avons écrit maintes et maintes fois que le problème du Congo se trouve dans le fait que l'identité ethnorégionale prime sur l'identité nationale et l'empêche de prendre la place qui est la sienne comme dans toute véritable république. Avant que nous ne parlions "projets", "ambition politique légitime", il faut d'abord que nous recherchions le moyen de rassembler toutes les filles et tous les fils du Congo dans un cercle de confiance de sorte qu'importe peu d'où viendra ou sortira celui qui conduira les destinées de la nation. Je n'arrête pas à tambouriner sur ce sujet depuis des années ; je crois que la pédagogie commence à prendre puisque d'autres reprennent la même thématique.
IL FAUT BRISER LE CYCLE DU REGNE DE L'ETHNIE POUR INSTAURER CELUI DU REGNE REPUBLICAIN. Cela se fera lorsque les Congolais n'auront plus à redouter l'origine de leurs propres frères. J'ai même déjà indiqué le moyen : LA JUSTICE SOCIALE (mêmes droits et mêmes devoirs à tous - sans distinction ethnique et, à chacun selon ses compétences dans la solidarité avec le plus faible) qui est bafouée pour des raisons politiciennes visant la conservation du pouvoir. Vous n'avez qu'à relire certains de mes textes. PERSONNE NE CONSTRUIT UN MARIAGE SOLIDE SANS AMOUR PREALABLE ENTRE LES MARIES. D'ABORD, L'AMOUR, ENSUITE L'ALLIANCE, ENFIN UN FONCTIONNEMENT HARMONIEUX.
Nous avons construit une république sans d'abord prendre la peine de devenir une nation, une alliance de tous les TSIS ETHNIQUES, d'unir toutes les ethnies en une super-ethnie qui aurait englobé toutes les autres : l'ethnie-république. La république du Congo actuelle est une machine à fabriquer des privilèges ethniques à la place des droits républicains ; il suffit donc de rectifier le logiciel embarqué de la machine pour qu'on y arrive. Et nous savons tous que nous pouvons y arriver parce que les autres l'ont fait. Les Congolais doivent d'abord se rassembler dans une GRANDE FAMILLE avant de réussir le pari de la république. Pour cela, l'ethnie doit cesser d'être source de privilèges...
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CONSTRUIRE UNE IDENTITÉ CONGOLAISE PARALLÈLEMENT A LA DÉMOCRATIE
Difficile de réformer le Congo, dans lequel les liens ethniques et régionaux priment sur l'appartenance à une même nation. Les Congolais, de la Bouenza se considèrent d'abord comme Mbembés, Kambas ou encore Dondos avant d'être Congolais. Ceux du Pool se disent Laris ou Kongos et l'appartenance à la nation congolaise n'arrive qu'au second plan. Que dire des Mbochis, Mbetis, Kounis, Vilis, Yombés, Kouyous, Tékés, etc... Cette pléiade d’ethnies constitue une plaie pour le pays et un moyen sournois de conservation du pouvoir. Il est en effet fréquent d'entendre des dirigeants dire : '' si je perds le pouvoir, les sudistes vont vous écraser''. Cette affirmation fausse, ne peut résister à une confrontation à la réalité. Dans la pratique, entre 1960 et 1963; 1963-1968; puis entre 1992 et 1997 le Congo a été dirigé par des ressortissants du sud, jamais une extermination des nordistes n'avait été envisagée - il faut même souligner que les sudistes se sont souvent faits la guerre entre eux ( pensez aux années 1990). De même, les causes indirectes de la guerre de 1997 se trouvent du côté d'Owando. L'idée qu'il y aurait deux blocs au Congo ( nord-sud) est fausse et ne sert que les intérêts de quelques politiciens véreux.
Dans le même sens, le Pool n'est pas unitaire ( affrontement Kongo-Lari), ni le NIBOLEK ( en quoi est-ce un Kouni est plus proche du Bémbé que du Lari ?). L'existence d'une pléiade d'ethnies crée donc un bordel pas possible auquel il faut rapidement remédier avant d'aborder la question des réformes démocratiques. En l'absence d'une identité commune, les habitants du Congo se définiront toujours selon leur appartenance régionale et ethnique.
Il faut donc créer un lien permettant de nous reconnaître dans une même communauté politique. La question des dialectes se pose avec force. La division linguistique annihile le sentiment d'appartenance à un destin commun ( pensez à l'Ukraine). Est-il normal qu'au ministère de monsieur Mampouya tout le monde parle lari ? Ou qu'à la télé nationale on ressente une délectation à s'exprimer en Mmbochi ?
Bien que l’État moderne ou État-nation ne soit pas neutre culturellement, mais il est l'expression de la culture majoritaire comme en France, aux USA ou encore au Bénin. Or, par chance, il n' y a pas de culture majoritaire au Congo, ou plutôt celle bantoue ( du nord au sud), il faut donc promouvoir une culture unique dans l'espace public. Tant que nous resterons dans la configuration actuelle, l'identité congolaise sera en crise.
Je ne veux pas dire qu'il faille imposer une identité de force avant d'aller vers la démocratie, mais simplement le débat identitaire doit aller de pair avec les réformes démocratiques. A ce prix nous pourrons éviter les écueils de 1992 avec des élections dites démocratiques à mon sens ethniques et régionalistes.
De Vivien Romain Manangou