Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Par Le Lion de Makanda (LDM)
Joseph Kabila vient de remporter par déclaration de la CENI une élection présidentielle douteuse face à Etienne Tshisekedi et l'on craint que l'embrasement de ce grand pays ne déstabilise tous ses voisins dont le statu quo dictatorial n'a pa besoin d'être perturbé : par les temps qui courent, des temps qui essaiment des "révolutions tenaces", il n'est pas bon de réveiller des peuples qui ont faim...
Le président Déby qui préside aussi la CEEAC entend envoyer des médiateurs pour éteindre le feu avant qu'il ne devienne incendie. Et il est fait allusion à Denis Sassou Nguesso.
Sassou et Kabila ne s'entendent pas - même s'ils affichent des sourires diplomatiques de façade : problèmes de moeurs, inimitié de clans, de familles, incompatibilité politique ; ils sont déchirés ces temps-ci souvent et leur antagonisme est profond mais la CEEAC (communauté Economique des Etats de Afrique Centrale) envisage d'envoyer Denis Sassou Nguesso comme médiateur, lui qui s'y connaît tellement en matière de fraudes électorales, lui qui n'a jamais vraiment gagné une seule élection présidentielle sans tricher.
En se rendant récemment à Kigali auprès du grand échassier, maître de Joseph Kabila, Denis Sassou Nguesso a-t-il voulu trouver un terrain d'entente fictif entre Brazzaville et Kinshasa ou est-il simplement allé admirer les crânes des Tutsis massacrés à la machette par les Hutus - question de trouver une inspiration macabre contre les populations du sud qu'il hait tellement ?
Comment Kabila va-t-il prendre le fait que ses pairs envisagent de lui envoyer son plus proche ennemi ? Provocation ? Mauvaise farce ? Volonté de nuisance ? Sassou n'est-il pas l'homme qui garde en jachère nombre de ses ennemis politiques et militaires ? Il est à peu près sûr qu'il n'acceptera pas les bons offices du grand éléphant passé expert dans la roublardise politique - même si ce dernier faisait partie d'une délégation de plusieurs personnes.
Kabila n'est pas naïf ; il a eu le temps de faire ses armes politiques. Une bonne lecture des forces et des hommes en lice est la première leçon à assimiler si l'on veut gagner en longévité dans ce monde de requins.
Si l'Afrique centrale envoie le belliqueux Sassou, Kabila pourrait craindre qu'il ne prenne le parti d'Etienne Tshisekedi car ne l'a-t-il pas accusé de fomenter lui-même des troubles pour retarder l'élection présidentielle tandis qu'il accusait Brazzaville ? C'est que Denis Sassou Nguesso ne croit pas en la victoire de celui qu'il a surnommé "le cheval de troie rwandais" en Afrique centrale. Si on lui donnait l'occasion de s'en débarrasser, nous sommes à peu près sûrs qu'il n'hésitera pas. Wait and see.
Quelqu'un a dit que l'Afrique est le continent de la démesure, une démesure qui n'a aucune commune mesure avec toute autre démesure, une démesure qui prend souvent des proportions élastiques...
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