Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Ce 31 mai 2014, à Lyon, le Lion De Makanda n'a pas fait un long discours. Il est allé au coeur du problème et a évoqué la seule thématique à la hauteur de l'événement : LE POUVOIR. Clément Miérassa a raison de demander à ce que l'on lise la constitution du 20 janvier 2002 car c'est elle qui stipule que le peuple congolais est le souverain absolu. Hélas, le principe de réalité aliène cette souveraineté au profit d'un homme qui devrait représenter le peuple et faire la volonté de tous. Un chef d'Etat ne possède en fait qu'une "délégation" de pouvoir. Il n'a pas à faire sa propre volonté mais doit réaliser celle du peuple. Encore faille-t-il que le peuple soit conscient de ce mode de gouvernance. En effet, l'Afrique a subi des mutations et des changements depuis 1884, année du partage de l'Afrique. Or, il temps que l'Afrique devienne l'artisan de son propre destin en promouvant des peuples souverains.
Il est faux de croire que la souveraineté s'octroie ; il faut la posséder sinon on vous en dépossède ! Toute l'histoire de l'humanité est une lutte entre ceux qui veulent imposer leur volonté par-dessus votre liberté et ceux qui veulent défendre celle-ci pour continuer à jouir de leur liberté. Léonidas ne refusa-t-il pas les splendeurs de la servitude perse au nom de la liberté ?
Le Congo est devenu une république en 1958, avant même de devenir un pays indépendant en 1960. Que ces modèles de société nous viennent d'ailleurs est certes un problème mais ce n'est pas la république qui cause problème mais plutôt le respect du droit et des lois qui font la république.
Pendant les soixante-dix ans de colonisation, il est aisé de comprendre pourquoi le colon français ne pouvait pas faire des ethnies hétéroclites qu'il avait rassemblées une nation : ce n'était pas dans son intérêt de les unir car s'il l'avait fait, cela se serait retourné contre lui. Il a au contraire usé du principe : "Diviser pour mieux régner".
Il nous revient à nous de capitaliser la république et l'indépendance. Hélas, nous sommes tombés sur des hommes politiques qui n'ont pas voulu comprendre que nous avions mis en commun les terres, les ressources et les destins et qu'il fallait que chacun reçoive de la république ce qu'elle lui promettait. De droit. L'indépendance a prolongé la colonisation du fait d'un pouvoir extraverti : au lieu de prendre vraiment l'indépendance, nos chefs d'Etat sont restés enchaînés à l'ancien monde parce qu'ils se sont contentés de prendre la place du colon en devenant eux-mêmes des "gouverneurs noirs" avec ce que cela implique, à savoir, le pillage des ressources du pâys. On a dépossédé le peuple de son pouvoir pour le donner à un gouverneur noir qui lui est tenu en laisse, un homme qui lui même a mis un collier au cou de son propre peuple pour qu'il ne proteste pas. Nous pouvons toujours discuter sur les modes de gouvernance mais tant que les hommes n'auront pas assimilé l'esprit des lois, nous serons toujours dominés.
Le peuple congolais est un don de l'histoire (subie). Le peuple congolais souverain sera notre oeuvre collective (histoire active). Avant d'envisager toute idée saugrenue, il nous d'abord essayer la souveraineté : IL NOUS FAUT COLLECTIVEMENT PRENDRE LE POUVOIR ! LE POUVOIR, C'EST NOUS ! SI VOUS L'IGNORIEZ, MAINTENANT, VOUS LE SAVEZ ! SI VOUS PRENEZ 10% DU POUVOIR, IL EN RESTE 90% AU DICTATEUR ; SI VOUS AVEZ 0%, LE MONARQUE A 100% DU POUVOIR. PRENEZ DONC 100% DU POUVOIR POUR QU'IL NE RESTE PLUS QUE 0% A DENIS SASSOU NGUESSO !
A Lyon, le Congo libre a pris le pouvoir. Si l'élan se propage au niveau national, ce mouvement verra l'émergence d'un nouveau CONGO. Il s'agit d'abord d'une possession mentale, psychique qui se traduira bientôt dans les faits. Nous ne vous parlons pas de coup d'Etat mais de retour d'une propriété à son propriétaire. A LYON, EN L'AN DE GRACE 2014, LE 31 MAI NOUS AVONS ASSISTE A LA NAISSANCE DU PEUPLE CONGOLAIS SOUVERAIN. Le fait que la salle ait chanté spontanément l'hymne national a été un grand symbole.
LE POUVOIR NE SE TROUVE PAS AU SIEGE DE L'ONU POUR ALLER LE QUEMANDER LA-BAS, D'AUTANT QU'ENSEMBLE, NOUS SOMMES LE POUVOIR. ALORS, PRENEZ LE POUVOIR QUI EST AU DEDANS DE VOUS ! PRENONS LE POUVOIR ET EXERCONS NOTRE SOUVERAINETE !
Qu'est donc le pouvoir ? La faculté de se faire obéir sur un territoire dont on a a le titre de propriété devant le ciel, les hommes et l'histoire. Point ! Le reste, c'est de l'ornement. C'est celui qui donne des ordres qui est véritablement au pouvoir. Si les Libanais ordonnent à des policiers de fouetter d'autres policiers, c'est que les Libanais - entre autres étrangers - ont le pouvoir chez nous !
NOUS AVONS DECIDE DE REPRENDRE NOTRE BIEN COMMUN : NOTRE SOUVERAINETE, NOTRE TITRE DE PROPRIETE COLLECTIVE. Au lieu de proclamer la république UNE et INDIVISIBLE, commençons au préalable par annoncer LA NAISSANCE DU PEUPLE CONGOLAIS UN ET INDIVISIBLE DANS SES DROITS ET SES DEVOIRS ! Si nous luttons ensemble contre tout ce qui nous divise pour nous affaiblir dans le but final de nous asservir tous, nous ferons du Congo un pays merveilleux et nul ne ressentira le besoin de le morceler. La division n'entraîne que la division. L'exemple du sud-Soudan confronté à une guerre ethnique indique qu'il faut mettre l'unité et l'indivisibilité du peuple avant celle de la république qui permet surtout aux puissances du monde d'avoir un espace de pillage.
Nous avons posé à Lyon la pierre d'angle de la souveraineté nationale. Avant, le seul exemple que nous ayons remonte à la conférence nationale souveraine de 1991 qui a conduit aux premières élections démocratiques de notre pays. Hélas, comme cette institution n'était pas pérenne et parce que le peuple n'était pas souverain, Denis Sassou Nguesso est revenu voler la couronne du pouvoir pour la mettre seul sur sa tête.
A Lyon, nous avons sifflé la fin de la préhistoire politique congolaise : nous allons entrer dans l'histoire - sans Denis Sassou Nguesso - l'homme du passé et du passif. Denis Sassou Nguesso n'a que le choix de sortir par la porte constitutionnelle s'il ne veut pas être le premier à poser un acte de violence juridique qui pourrait avoir des conséquences insoupçonnées. Il doit choisir entre la paix et les troubles sociaux. Le Congo pourrait se rwandiser par sa faute ou connaître le syndrome centrafricain si les choses dégénèrent et nous ne voulons pas de ce scénario : quand un homme prête le serment de défendre la constitution, il ne peut revenir sur sa parole au risque de devenir un nain politique.
L'armée doit redevenir une armée républicaine proche du peuple, le seul souverain qu'elle doit défendre. C'est avec les ressources collectives que vous, soldats, êtes payés. Votre donneur d'ordre, c'est le PEUPLE !
Peuple congolais souverain,
Plus jamais tu n'accepteras l'arbitraire et l'injustice ;
Plus jamais on ne tazzera tes filles ;
On ne fera fouetter tes enfants par des étrangers ;
Plus jamais les étrangers ne feront la loi dans ton pays ;
Plus jamais tu n'accepteras un monarque
qui ne fait que sa volonté et non la tienne ;
Plus jamais tu ne tolèreras des délégués politiques corrompus et assujettis aux puissances extérieures ;
Tu ordonneras et l'on t'obéira : pour que tu aies de l'eau, de l'électricité, de la nourriture, une éducation de qualité, des élections transparentes, des soins médicaux de qualité, une justice digne de ce nom ;
Tu décideras de tes richesses à ton avantage et non à celui d'un clan ;
Tu exigeras désormais un pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
La démocratie est née dans un monde violent, à Sparte où l'on n'hésitait pas à tuer pour confisquer ou pour défendre la liberté. Il est faux de croire que la démocratie est née d'un processus pacifique : en France, la Bastille a été une séquence historique violente qui a été conclue par le passage de la tête d'un monarque à la guilottine. Et d'ailleurs, elle n'avait pas la même signification à Sparte, à Athènes ou à Rome. La souveraineté collective est la plus belle innovation politique de tous les temps. Hélas, nous avons oublié qu'elle existait en Afrique aux temps de nos ancêtres où la démocratie collective est née...
Le Lion de Makanda va participer aux Assises Nationales du 7 juin et nous allons accentuer notre refus de la dictature et de l'arbitraire, du vol et du crime de sang, de la division et du règne des étrangers dans notre pays. Nous avons libéré la parole ; il est à présent temps de libérer les chairs et les esprits...