Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
COMMENTAIRE : Depuis le drame du 4 mars 2012, Sassou a mis sous surveillance celui qui surveille le pays parce qu'il a failli : si la villa Cristal de monsieur Denis Sassou Nguesso s'était trouvé un peu plus près de l'épicentre de l'explosion du 4 mars 2012, le souffle du fleuve diabolique aurait vitrifié la chair de celui qui se prétend né pour toujours commander encore et encore. Certes, Sassou n'arrête pas d'échouer mais il ne supporte pas l'échec de ceux dont il a le plus confiance pour lui assurer le sommeil tranquille. En politique, la confiance se donne enrobée de méfiance et il est normal que lorsqu'elle disparaît, il ne reste plus que la méfiance. Il l'a dit, c'est un serpent, un reptilien : il a le coeur chaud et l'esprit froid, très froid comme tout grand calculateur. Or, le grand froid brûle ! Attention ! Ceux qui sont si proches de lui savent qu'en réalité ils servent la mort qu'il peut subtilement distiller comme le venin du cobra royal...
Jean Dominique Okemba perd de plus en plus de son pouvoir sur le grand éléphant dont il était les lèvres qui murmuraient à l'oreille du monstre. Et tout comme Lucifer, il se voyait déjà Seigneur à la place du Calife. Celui que Sassou ne peut toucher pour ne pas froisser le clan n'a plus la toute confiance de l'homme qui le mettait avant au parfum de tout. Le conseiller mystique, l'homme de tous les coups bas et de toutes les basses oeuvres est sur écoutes et sous filature. On l'épie, on épie les siens, on marginalise ses amis. Cet homme qui prenait souvent des décisions sans en référer au gangster en chef est démasqué pour excès d'ambition.
En remettant en scène Pierre OBA dont Jean Dominique Okemba avait pris la place par traîtrise - alors qu'il était le plus fidèle d'entre les fidèles, le vrai numéro deux du régime, Sassou fait un pas en arrière. Jean Dominique Okemba est dangereux parce que trop ambitieux et cela Sassou le sait. Le "spécial" est spécialement cerné par le doute. Car c'est un couteau qui risque un jour de blesser la main qui le nourrit.
Oui, on peut servir une ambition en servant la sienne propre : en dictature, on ne parvient au sommet qu'en marquant le chef suprême à la culotte, si besoin en lui lèchant les bottes ou le postérieur mais si l'occasion se présente, rien n'empêche qu'on bande le premier pour entuber celui qui vous a créé. On peut faire une créature politique de toutes pièces sur la base du vent mais on ne peut défaire une ambition qui veut succéder à une autre ambition. Qu'on se souvienne de ce que disait le commandant Marien Ngouabi : "Un homme qui n'est rien, quand on l'élève très haut, il devient très dangereux". Il l'a subi à ses dépens, la vérité s'étant confirmée sur son sang versé par un golem qu'il avait lui même créé et qui est assis aujourd'hui à sa place comme une vérité écrite en lettres de sang parce que l'ambition le veut.