En matière de stratégie politique, Ange Edouard Poungui vient de montrer qu'il pouvait en moins de deux ans contrôler le plus grand parti du Congo, à savoir l'UPADS en plaçant ses sbires à de nombreux postes vitaux. Sa candidature pressentie est désormais chose acquise. Il est venu au parti des trois palmiers dans ce seul but ; désormais, il peut se positionner pour être le challenger le plus dangereux de Denis Sassou Nguesso. L'homme est ambitieux et prêt à tout. "C'est le moment !" C'est son moment ! Il a déjà court-circuité le parti en créant son comité de soutien à l'élection présidentielle - un comité superfétatoire quand on sait qu'il dispose du soutien de tout un parti. Alors, pourquoi encore créer un comité de soutien ? On peut déjà se demander quel repositionnement AEP exigera après l'élection présidentielle car son but ultime est on le sait d'être le seul maître à bord de l'UPADS - et nous savons tous qu'il ne gagnera pas cette élection parce que les dés sont pipés d'avance mais c'est l'après-élection qui est déterminant. Il est plus jeune que le président Lissouba, cette icône dont il a encore besoin mais qui pourrait ne plus être de ce monde dans quelques années... Faire main basse sur le parti et l'orienter pour sa seule ambition, qui sait ? Orchestré de main de maître par son équipe, ce candidat à la présidentielle dont le programme reste aussi flou que l'eau de Madoukou, a été reçu comme un futur champion par une foule délirante et cet accueil a pu inquiéter le bourreau de Brazzaville qui n'a pas manqué de voir les vidéos de AEP sur le site de zenga-mambu.
Sa conférence publique a été un peu décevante car elle manquait de ton, d'énergie, de coeur, de verve ; on pourrait imputer cette monotonie à la chaleur étouffante qu'il fait actuellement au pays mais quand on lit un texte, ça produit à peu près cet effet. On peut croire que le texte était trop long et qu'il fallait y mettre un peu plus d'âme pour le lire. Mais cet homme qui parle de changement, de rupture, qui promet de juger les fossoyeurs du Congo a de quoi inquiéter le pouvoir. Des rumeurs prétendent que Denis Sassou Nguesso pourrait invalider sa candidature pour un défaut de quitus résidentiel. En effet, Ange Edouard Poungui a longtemps séjourné en France et la loi des partis du cobra royal prescrit qu'il faut avoir séjourné moins de deux ans à l'étranger pour être candidat à l'élection présidentielle. Cet étrange article ne nous dit pas à quel moment part cette interdiction : est-ce à compter de la première date de sortie du pays ? Comment évalue-t-on les deux ans ? S'agit-il d'un cumul de jours à partir du rebours de la date de l'élection ? Tout ce flou peut servir au cobra royal pour faire passer une décision inique car il s'offusque déjà de la candidature de Mathias Dzon qui ne manquera pas de lui piquer des voix au nord. Or, Sassou veut à tout prix éviter un deuxième tour qui pourrait lui être fatal...
Mais le roi de la république bananière du Congo n'a-t-il pas peur qu'on l'accuse d'avoir éliminé un adversaire illicitement ? En effet, Ange Edouard Poungui a multiplié les voyages entre le Congo et la France pour éviter de tomber dans ce traquenard. Cependant, au pays où tous les coups tordus sont permis, où la honte a été crucifiée, on peut tout imaginer au point où certains au sein du parti commencent à se positionner autour de Moukouéké qui aimerait lui aussi goûter à la griserie d'une candidature à l'élection présidentielle... On n'est pas au bout de nos surprises !