DECLARATION DE L’HONORABLE LEKOUNDZOU ITIHI OSSETOUMBA Justin
Président d’honneur chargé de l’orientation de l’Association "Marien NGOUABI et Éthique"
Novembre 2008
Chers Compatriotes !
Pour ceux qui me connaissent et qui ont partagé mon parcours politique, ils se souviendront que j’ai toujours été, avec d’autres compatriotes, de toutes les batailles politiques pour faire valoir les lignes que nous considérions comme juste. C’est ainsi qu’avec mon parti, le Parti Congolais du Travail, j’avais accepté en 1991 d’aller à la Conférence Nationale Souveraine, puisque telle était la volonté de la majorité de notre peuple. Je ne le regrette pas, car la Conférence Nationale Souveraine, en dépit de quelques dérapages regrettables dont j’ai été, à certains égards, une des victimes expiatoires a été malgré tout , le moment fondateur de notre jeune démocratie.
C’est dans cet esprit de toujours agir dans l’intérêt de la Nation, qu’avec d’autres compatriotes nous nous sommes constamment opposés à toute dérive qui risquait de nous ramener en arrière.
Au PCT, nous considérions le pouvoir, dans ses succès et ses déboires, comme collectif. Mais nous avions aussi une perception de ce que la responsabilité collégiale n’occulte pas la responsabilité individuelle. D’où, l’exigence de la tenue du congrès du Parti congolais du travail que nous avions convoqué, que l’on a appelé à tort, "le Congrès des Conservateurs".
Ce Congrès qui se voulait responsable, ayant comme toile de fond une sévère autocritique, fut brutalement interrompu par la force ; occultant ainsi la partie critique du bilan qu’il fallait absolument livrer aux Congolais.
Heureusement, toutes ces manoeuvres attentatoires à la liberté d’expression sur fond d’intimidation, n’ont pu anesthésier ni décourager la base consciente de ce grand Parti qui se retrouve désormais, au sein de l’association "Marien NGOUABI & Éthique" que j’ai créée pour prendre toute sa part, avec d’autres compatriotes partageant le même idéal d’éthique et de patriotisme, dans la défense des positions qui permettent la concertation indispensable à une réconciliation effective, condition "sine qua non" à la reconstruction du pays dans un climat de consensus, d'apaisement et de concorde nationale ; même si , au mépris de tout bon sens et de la législation en vigueur, certaines autorités zélées s’acharnent à la réduire au silence .
Cette Concertation, nous la voulons Nationale et Inclusive, c'est-à-dire impliquant toutes les composantes Politiques et de la société civile de notre pays, tant de l’intérieur que de la Diaspora.
Mes Chers Compatriotes ! Aujourd’hui, force est de constater, qu’alors que le Président Marien NGOUABI nous a montré par l'exemple de tolérance que les problèmes du pays devaient se régler par consensus, le PCT dont je suis membre fondateur s'est laissé engluer dans l'ambition de ceux de ses dirigeants qui se sont fait une fixation sur le pouvoir sous toutes ses formes, coûte que coûte et quel qu’en soit le prix.
Mes Chers Compatriotes !
Le Congo, notre beau pays, a célébré il y a quelques mois le 48ème anniversaire de son indépendance. Quel a été le sentiment de chacun d'entre nous?
Chacun, nous le savons, au terme de ce premier demi siècle de souveraineté nationale, peut se faire une opinion sur les performances et les contre-performances de notre pays sur le plan social, économique, politique et ce, à toutes les époques confondues de notre Nation que l'on ne peut plus dire jeune à 48 ans d'indépendance, comparativement à certains pays de notre continent.
A titre d'exemple, nous indiquerons le budget national qui est passé de 3 milliards de francs cfa en 1962 , à 3000 milliards de francs CFA pour cette année 2008.
Remarquons que dans la même période, le taux de scolarisation est passé de 80% à moins de 40%... . Ces exemples peuvent être multipliés à souhait pour constater en définitive, que le Congo connaît un fort mouvement de recul dans tous les domaines, en dépit de son fort potentiel en ressources naturelles.
Une telle régression ne peut constituer pour qui que ce soit, une source de tranquillité morale, psychologique et spirituelle ; parce que vous avez remarqué tout comme nous, que le Congo de toute son histoire, n'a jamais été aussi riche et paradoxalement sa population, aussi tristement pauvre que maintenant.
Mes chers compatriotes !
Malgré toutes ces richesses, les congolais vivent plus que jamais dans l'indigence. Il faut avoir le courage de le reconnaître. C'est ce courage qui révèle que nous n'avons pas encore perdu de notre nature humaine.
La gestion patrimoniale et sans prospective en vigueur dans le pays a conduit littéralement à une privatisation ipso facto de l'État Congolais, puisque les fondamentaux qui permettent la vie de l'État se sont écroulés.
Au bout du compte, ces immenses ressources nationales, là encore, il faut avoir le courage de le reconnaître sans ambages , sans toutefois rejeter notre propre part de responsabilité, ne profitent qu'à une infime minorité de congolais. Cet état de choses ne saurait garantir la paix sociale dans notre pays ; car la paix véritable est avant tout synonyme d'équité.
Même si nous sommes considérés d'être de ceux qui profitent de ce système, nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître que la situation globale, qui empire jour après jour, est devenue tout de même insupportable pour l'avenir du pays, de son peuple et pour l'avenir de chacun d'entre nous et particulièrement , de notre jeunesse que nous avons confiné dans la « débrouillardise » à cause de nos égoïsmes.
Mes chers compatriotes !
Nous savons que la gestion politique, économique, sociale et culturelle équilibrée au bénéfice du pays et du citoyen ne peut s'obtenir sans démocratie, sans transparence, sans le respect de la vie de l'autre… Mais, que vaut donc la démocratie elle-même, sans multipartisme?... Allons-nous encore revenir au monolithisme du parti unique ?
Non ! C'est trop tard, la marche de l’histoire est irréversible.
Restaurée dans notre pays au lendemain de la chute du mur de Berlin, le multipartisme s'impose désormais au Congo comme le mécanisme de régulation le plus important de sa vie politique.
Mais voilà, il faut encore bien le reconnaître, ce multipartisme est dans un piteux état… Jugeons-en par les atermoiements d'une opposition qui tarde à prendre conscience de son véritable rôle, le silence complice des organisations syndicales qui ont tourné le dos aux travailleurs et participent à l'anesthésie des populations. Jugeons-en, aussi, par la crise que connaissent tous les grands partis sans exception.
Le PCT, notre parti, s'est scindé entre "Conservateurs" et "Refondateurs". La situation des autres partis n'est guère meilleure.
Nous constatons malheureusement que dans les conditions actuelles, les partis politiques et la société civile, n’ont jusque là donné aucune preuve de leur engagement, au profit du peuple congolais et de la démocratie.
Mes chers compatriotes !
En dépit de ce constat plutôt dramatique, tant dans le camp du pouvoir que dans celui de l'opposition, aujourd’hui les États-majors politiques n'ont qu'un objectif : l’élection présidentielle de 2009. Laquelle élection organisée avec ou sans commission nationale indépendante comme en 2002, 2007 et tout récemment en juin 2008 donnera les mêmes résultats connus d’avance.
Mes chers compatriotes !
Parler aujourd’hui d’élections est totalement surréaliste puisque, rien, alors absolument rien n'obéit dans le pays aux normes démocratiques universellement partagées, pouvant permettre une expression libre, juste et claire des populations et des forces politiques.
En 2007 avec nos regrettés collègues, les honorables TYSTERE TCHICAYA et André MILONGO, nous avions voulu corriger cet état de choses en présentant une proposition de lois à l’Assemblée Nationale. En vain, car la proposition a été rejetée sans examen !
Le Congo notre beau pays est plus que malade. Il est malade de son économie, malade de ses institutions, malade de sa société toute entière… bref, malade de son avenir. Nous le savons tous et chacun ne cesse de le dire. Il est donc temps de rassembler à son chevet tous ses fils et toutes ses filles aux fins d'étudier sans passion, sans rancoeurs, mais aussi sans égoïsme ni orgueil injustifiables, les maux qui obèrent son essor.
En d'autres termes, il est impérieux et indispensable que les Congolais et Congolaises de toutes les conditions se parlent. Le Congo a l'obligation de se réconcilier avec lui-même, une fois de plus. Le devoir de tous ses enfants, c'est de l'aider à y arriver définitivement sans conditions.
Mes chers compatriotes !
Nous connaissons les appréhensions des uns et des autres pour ce genre d'états généraux. Il sied cependant de rappeler que notre pays s'est déjà prêté à cet exercice en juillet 1972 au lendemain du mouvement dit du "22 février 1972". Sous une forme plus ouverte de février 1991 à juin 1992, le Congo s'est encore retrouvé en toute responsabilité, puisque personne n'en est sorti ni rejeté, ni frustré. Ces moments, nous pouvons les appeler conférence nationale ou concertation nationale, etc., …peu importe le nom que nous lui donnons. L'essentiel à nos yeux, est que l'état dans lequel est notre pays exige indubitablement un vrai dialogue de réconciliation, qui permette de redéfinir de façon consensuelle les nouvelles règles du jeu politique et démocratique ; le tout en tenant compte des préoccupations fondamentales des Congolais, de leur dignité, de leur devenir et de la souveraineté du pays.
Mes chers compatriotes !
Pour ce qui est de l'avenir et de la démarche à observer après cette concertation, nous pensons que dans l'état actuel du Congo, seule une transition démocratique largement consensuelle, peut permettre le retour à une situation normale.
Il s'agira de réaffirmer et de raffermir les valeurs fondamentales de la République, notamment les libertés citoyennes, la justice et la paix véritable qui ne repose plus sur la "peur de la guerre" mais sur la tolérance et les institutions acceptées et respectées par tous, comme la Conférence Nationale Souveraine de 1991 nous en a laissé les orientations.
Le refus de cette démarche, au regard des incertitudes que connaît notre pays, ne peut être interprété que comme le reflet d'une volonté délibérée, non seulement d'entretenir la fracture sociale et politique actuelle, mais aussi de maintenir dans le pays un feu qui loin de réchauffer brûle plutôt tout , alors que ses populations déjà sérieusement fragilisées ne demandent qu’à être rassurées pour la survie et l'avenir de leurs enfants….
Mes chers compatriotes !
Qui aimerait endosser, à lui seul, une telle responsabilité que l'on pourrait qualifier d'historiquement irresponsable, au regard du désordre qui pointe déjà à l’horizon ?
Le Congo, aimons-nous répéter à souhait, est notre pays, notre "précieux bien" à tous. Ceux qui l'aiment, ou qui croient réellement même l'aimer beaucoup plus que d'autres, doivent aujourd'hui même sans plus attendre, oublier leur égoïsme et se faire le devoir de commencer leur propre introspection , afin de contribuer avec tout ce qu'ils ont de meilleur, à sauver le Congo.
Nous sommes encore vivants, mais voici déjà que l'Histoire nous interpelle….Quant à moi, LEKOUNDZOU, je suis dans l’obligation éthique d’engager mes responsabilités d’homme politique et de prendre date.
Au demeurant, en dépit de ce que vous pourrez penser de mon parcours avec ce qu'il compte de positif et de négatif, je vous encourage vivement à prendre également vos responsabilités.
Nous devons absolument en commun, bâtir et transmettre aux générations futures, une Nation unie, forte, toute faite d'amour au sein de laquelle "le vivre ensemble" par le partage équitable, disons raisonnable, du revenu national intégrera notre culture politique et de gestion comme valeur cardinale.
Que surtout notre devise : "l’UNITE, le TRAVAIL et le PROGRES" n’y soit plus réduit au statut d'un simple slogan dont le sens ne relèvera que de la démagogie.
Méritons du Congo son pardon et son amour infini.
Vive le Congo, notre beau pays.
Paris le 06 novembre 2008
LEKOUNDZOU ITIHI OSSETOUMBA Justin