Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Lors du dîner annuel du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France), Sarkozy a surpris tous les maîtres des écoles primaires en leur demandant de donner un peu plus de travail aux élèves du cm2 de France : ils vont devoir potasser par coeur la vie d'un enfant juif déporté au cours de la Shoah. Nous nous interrogeons quel en est l'intérêt véritable ? quel est l'objectif poursuivi par le président de la république française ? C'est un travail énorme, lourd à porter, une tâche qui pourrait s'avérer culpabilisante ! D'aucuns y verront un lien avec les origines juives du président de la république car on doit se demander si le devoir de mémoire concerne un enfant, parce qu'il est enfant et qu'on lui a retiré la vie injustement ou un enfant parce qu'il est juif. Il y a une grosse différence dans l'un et l'autre cas : si tous les hommes de la terre s'émeuvent de ce que l'on martyrise des enfants innocents parce qu'ils ont la vie devant eux, c'est une autre chose que de se remémorer un enfant parce que juif. Autant l'antisémitisme est une abomination autant sacraliser seulement et toujours un seul crime particulier de l'histoire peut s'avérer dangereux. Sarkozy, le juif, pourrait ne pas rendre service aux juifs par cette mesure car un Mohamed, petit français d'origine palestinienne à qui on demanderait de se remémorer la vie d'un petit juif risque de ressentir autre chose que de la compassion car lui ressent l'humiliation de son peuple en Palestine avec plus de force. Quant au petit Albert Durand, il pourrait se dire qu'il n'y est
pour rien dans le crime de la shoah et qu'il ne comprend pas pourquoi il doit potasser comme ça l'histoire de la vie d'un petit juif disparu. Mais n'exagérons rien : Sarkozy en fait toujours un peu trop diront certains. Cependant, il faut que l'on distingue la mémoire universelle, la mémoire collective et la mémoire sélective. La mémoire universelle s'impose quand un événement qui s'est produit dans l'histoire est répréhensible quel que soit l'être humain concerné et là, c'est notre essence humaine même qui est en jeu. Le petit juif a qui on a pris la vie injustement parce que juif certes mais avant tout comme un être humain qui avait le droit de vivre ; ce qu'on rejette pour cet enfant, on le rejetterait pour n'importe quel autre enfant. La mémoire collective concerne un groupe qui se reconnaît une histoire commune ou des liens particuliers. En tant que Juif, c'est le droit de Sarkozy de se sentir concerné par la shoah car ce sont les siens qui ont été injustement éliminés de la surface de la terre mais ce particularisme doit-il être imposé à des petits français très sensibles de par l'âge, de diverses origines pour généraliser la mémoire, c'est-à-dire, la compassion ou la culpabilité à tous les Français ? En effet, si l'on y réfléchit, tous les petits cm2 deviendront les Français de demain et si on introduit un sentiment de culpabilité dans leur esprit, c'est la France de demain qu'on culpabilise et toute culpabilité qu'on n'assume pas parce qu'on ne se sent pas concerné peut conduire à la révolte voire à pire : la haine non pas des morts mais des vivants car c'est un juif vivant en la qualité d'un président de la république qui a bel et bien introduit consciemment ou inconsciemment ce sentiment de culpabilité dans l'esprit de petits français innocents qui n'ont rien à voir avec la shoah. L'argument de l'homologie de l'âge pour faire porter la croix mnémonique à des gamins de 10 ans est une ineptie car tous les Français peuvent comprendre et compatir à cette jeune vie brisée à qui on a volé l'enfant et même mieux, tout être humain peut le comprendre CAR NOUS AVONS TOUS ETE DES ENFANTS !
Quant à la mémoire sélective, elle concerne tout un chacun dont le cerveau trie ce qui est bon qu'il retienne et ce qu'il doit oublier. Certes, on ne doit jamais oublier la shoah mais aussi l'esclavage, tous les génocides mais individuellement, quand la mémoire est forcée, l'esprit le vit comme une agression car l'esprit se fabrique lui-même sa mémoire sélective ; la mémoire que l'on a le droit de se fabriquer, c'est la mémoire collective et la mémoire universelle.