Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Chers lecteurs, chers compatriotes, nous faisons des recherches pour vérifier l'existence d'un hôtel Sassou à Ouidah au Bénin et dans nos recherches, nous avons enfin la preuve formelle que SASSOU est un patronyme béninois ! Pour l'hôtel Sassou, ça prendra du temps mais nous trouverons et comptons sur tous ceux qui veulent faire la lumière sur cette affaire. Je vous donne l'adresse du site :www.c-n-a.org/news41.htmRetour page d'accueil - Les Nouvelles - Les films - Photos - Médias - Partenaires - Liens - Contact
Cinéma Numérique Ambulant - Nouvelles 41 - Bénin - octobre 2004
Des nouvelles entièrement béninoises avec les rapports d'activité des deux structures du CNA-Bénin.
Le CNA au Bénin avec :
BENIN - Ouidah
RAPPORT D'ACTIVITE du 19 octobre 2004.
Présenté par Martine de Souza
Le CNA est actuellement dans les villages suivants dans le Sud du Bénin :
ADJAMIN, LOKOGBO, TOLIGBE, ZOUMMIN, HOUNDJAVA, GOLO, ASSOGBENOU(YOVO CODJI ), FIFADJI, AWAMIN, LISSACODJI .
Les villages sont à entre 20 et 65 kilomètres de Ouidah.
Les voies d’accès sont en général mauvaises et presque impraticables en saison des pluies. En ce moment précis nous avons beaucoup de difficulté pour aller dans les villages : il pleut presque tous les deux jours.
Nous avons de très bonnes relations avec nos villages qui voient combien de fois nous nous peinons pour venir chez eux. Ils sont la plupart des agriculteurs et ils ont donc besoin de la pluie certes… mais pas aux jours de projection, on dirait qu’ils préfèrent la distraction à leurs champs.
Les sages du village nous reçoivent toujours bien et font de leur mieux pour le respect du cahier des charges.
Mais pas toujours, comme le soir où nous étions dans le village de Gakpé-centre, un beau petit village où nous avions eu trois séances de travail avec eux pour bien expliquer le cahier de charge et notre programme. Tout semblait être clair. Chose curieuse, après la première projection bien apprécié du publique nous avions rangé tout le matériel et vint l’heure du repas. Le responsable nous invite à prendre le repas chez lui mais nous avions bien voulu manger sur les lieux de la projection pour discuter avec les sages qui restaient. Sur son insistance nous nous sommes rendu chez lui et par malheur nous lui avons dis qu’il serait mieux pour nous de manger la prochaine fois sur les lieux de la projection. On était déjà installé, prêt à apporter la première bouchée à la bouche. Avec une colère démente, il nous a demandé de sortir de chez lui en ses termes : « Si ne voulez pas manger tranquillement et partir sortez immédiatement : je n’organise pas encore les funérailles de mon père pour me déplacer avec de la nourriture vers vous ».
Nous avons compris que malgré nos sensibilisations, ils ont laissé l’organisation de nos venues à la charge d’une seule personne. Nous avons arrêté les projections dans ce village.
Nous avons quand même de bonnes relations avec les autres villages.
Toutes les projections se passent dans de très bonnes conditions et les responsables ainsi que les populations participent bien aux débats organisés dans la lutte contre le trafic d’enfants.
Une soirée palpitante que nous aimerions partager avec vous :
c’était à Assogbénou. Voici les témoignages après la projection de "Anna Bazil et le trafiquant".
- Les trois filles qui ont pris la parole apres la projection ont été victimes du trafic d’enfants et ont été maltraitées. Elles étaient frappées par les parents ainsi que par les enfants, elles ne mangeaient pas à leur faim mais travaillaient toute la journée sans répit.
- La responsable d’un groupement de femmes du nom Sassou Brigitte. Elle a pris le micro et a demandé à la population de soutenir le CNA par ses applaudissements et a commenté le film en citant son propre exemple. Il y avait un homme très gentil qui venait visiter ses parents et qui leur apportait des présents. Il a pris le soin de gagner leur confiance et a ensuite demandé la garde de la petite fille qu’elle était toute heureuse elle a suivi cet homme et c’était le début de son calvaire. Il l’avait placé dans une famille qui la maltraitait .Elle devrait s’agenouiller, prendre la nourriture et dire merci. C’était un rituel qu’il fallait faire avant de manger .Il lui arrive des moments de ne pas dire merci et on lui reprenait la nourriture. Elle n’a pas pu supporter et elle est revenue chez ses parents.
Un sage d'un village qui ne nous a pas donné son nom avait beaucoup aimé "Bal poussière" et demandé à la jeunesse de faire attention pour éviter la polygamie car ce n’est pas bon pour les temps modernes où tout devient difficile. Il a aussi insisté sur l’éducation des filles car la vie d’aujourd’hui veut que tout le monde participe au développement socio-économique du pays. Il a aussi souligné l’importance du CNA dans le village. Je lui a dit « mais papa, le CNA est seulement venu pour animer le village ». Il a dit que dans ce cas qu’il comprend les objectifs du CNA mieux que nous. Pour finir il nous a dit que le CNA est une école ou les uns et les autres peuvent changer des habitudes (Si vieillesse pouvait et si Jeunesse savait).
Nous en sommes déjà à cinq projections dans certains villages, mais à deux et trois dans d’autres villages. Cela est dû à la saison des pluies qui a causé un certain nombre d'annulations. Certaines pistes sont impraticables, il arrive des moments où notre véhicule s’enlise, il faut alors sortir le véhicule de la boue. Imaginez nos difficultés.
D’autres fois ce sont les « hou hous », (des esprits d'ancêtres qui errent la nuit ). Pour les éviter, la dernière fois, nous avons du rentrer dans un village et après, nous ne savions plus par où on était rentré et par où il fallait sortir. Taper à la porte des gens à minuit... on nous prenait pour des fantômes et personne ne nous répondait. On pouvait les imaginer rentrer sous leur pagne en fermant les yeux car quelques instants auparavant les « hou hous » étaint passés par là. Mais, par chance, dans la nuit noire, à un carrefour, nous avons aperçu et reconnu quelqu’un qui était vraiment surpris de nous voir. Grâce à lui nous sommes sortit des griffes du danger.
Les films comme : Guimba, Tilaï, Bal poussière font un tabac. Partout où nous passons ces films, on nous demande de les repasser. Nous avons une bonne collection, mais pour nous même il faut varier un peu les choses.
Nous aimerions bien remplacer notre bus : il nous a confié qu’il se sent un peu fatigué. Cela va faire bientôt deux ans qu’il tourne tous les soirs dans les villages de la région de Ouidah.
Martine de Souza