Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Laurent, bonjour. J'ai lu ton texte. Tu as tout à fait raison dans le cadre du processus électoral : avec les institutions actuelles, participer à une élection présidentielle, c'est être battu d'avance. Ce qui conduit naturellement à l'idée du boycott. Cependant, quand on boycotte, on favorise le statu quo. Sassou se gargarisera de sa victoire pour avoir organisé les élections. Tant pis pour ceux qui n'ont pas participé et tant mieux pour lui de ne pas avoir rencontré de résistance ou d'opposition...
Il est aisé de comprendre ceux qui disent : " A quoi bon participer à une élection qui est une mascarade ? " Si on poussait ce raisonnement jusqu'au bout, on laisserait Denis Sassou Nguesso se présenter seul à l'élection présidentielle. Ce qui l'arrangerait pleinement : pas de concurrent, pas de risque de contestation, pas de risque d'être battu comme en 2016 avec les cailloux Mokoko, Kolélas et Okombi Salissa. Ce n'est pas pour rien qu'il ne voulait pas la candidature du Général Mokoko et celle d'André Okombi Salissa.
Non, en dépit du résultat qui semble prévisible, voilà pourquoi il faut se présenter contre Denis Sassou Nguesso en 2021 :
1) l'élection présidentielle est un acquis que même le dictateur Denis Sassou Nguesso n'a pas osé supprimer. Il savait qu'une dictature dure n'était plus possible après 1992 comme à l'époque du monopartisme. Il a pris le temps (5 ans) pour défaire ce que Lissouba Pascal le Grand avait tissé pour ensuite organiser son élection. DONC L'ÉLECTION EST UNE AVANCÉE DÉMOCRATIQUE CAR ELLE MARQUE LA RECONNAISSANCE DU DROIT INDIVIDUEL A CHOISIR CEUX QUI LE REPRESENTENT. Joseph Kabila a démontré qu'il pouvait ne pas organiser les élections présidentielles pendant deux ans et rester au pouvoir.
Si vous pensez qu'il ne faut personne en face de Denis Sassou Nguesso, vous êtes de façon implicite pour que le peuple n'aille pas voter. Boycotter, c'est in fine, un retour en arrière, un recul. Lorsque les gens refusent d'aller voter, ils n'exercent pas leur droit et finissent par le perdre. En effet, à quoi sert un droit non exercé ? C'est comme s'il n'existait pas...
2) Je considère la participation à l'élection présidentielle comme un acte de résistance : se présenter face à un monarque absolu pour le défier lors d'une élection présidentielle, c'est lui dire : " tu travailles mal, tu ne mérites pas d'être président ou la tête de l'État. Moi, X, je te défie car je peux mieux faire que toi ..."
Il faut du courage à un vrai candidat libre pour se présenter face à Sassou, vu que ceux qui l'ont battu sont pour deux d'entre eux, en prison.
Il ne faut pas faire des paris pour le présent mais pour l'avenir car il arrivera un jour qu'on parvienne à améliorer les conditions électorales. Même en France, la démocratie a été un processus. Les femmes ont dû se battre pour avoir le droit de vote. Et nous voyons tous que le processus n'est pas parfait en France où les gilets jaunes défilent depuis 32 semaines.
Non, ne plaidons pas le recul. Que Denis Sassou Nguesso triche, nous savons que politiquement parlant, nous n'avons pas les moyens de lui rendre gorge. Cependant, on doit LAISSER le peuple lui exprimer son mécontentement, son rejet. C'est très important. Si l'esprit du ONE MAN ONE VOTE disparaît parce qu'il faut attendre une occasion parfaite pour aller voter, la course vers la démocratie prendra un retard plus grand.
LE PRÉSENT EST IMPARFAIT. IL FAUT ŒUVRER POUR QUE LE FUTUR SOIT PLUS INTÉRESSANT QUE LE PRÉSENT. N'EST-CE PAS CELA QU'ON APPELLE LE PROGRÈS ? Or, le vote du peuple, le ONE MAN ONE VOTE n'a pas toujours existé. Il est donc une marque de progrès démocratique.
Le pluralisme politique est aussi un progrès là où n'existait que le monopartisme. Pour cela, il faut plusieurs candidats qui se présentent face au dictateur pour offrir au peuple un autre choix. Fayulu a été élu malgré le hold-up électoral en RDC. Pour cela, il a fallu laisser à nos frères d'en face la possibilité de choisir. Or, il ne peut y avoir choix que s'il y a des possibilités multiples. Il faut donc qu'il y ait plusieurs candidats.
La dictature militaire comme la nôtre finira par être bravée un jour par le peuple. Une élection présidentielle peut constituer une étincelle. Au nord Soudan, les civils affrontent les militaires qui se cramponnent au pouvoir. Chaque société avance à sa vitesse sur le chemin de la démocratie. Notre heure viendra.
NE NKOSSI ZA MAKANDA, LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB'