Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Par Le Lion de Makanda (LDM)
Je viens de recevoir par une amie une vidéo de Richard Ethoni Ehouloung. Je me permets de donner une dernière fois mon opinion sur la question. Je sais que mon cher ami Richacha n'abandonnera pas son credo en dépit de la pédagogie que je vais déployer ici.
Mon ami Ehouloung, s'est accroché au concept d'ethnocratie car il ne peut aller plus profondément dans l'analyse politique. Les hommes sont libres de voter pour le candidat de leur choix. Peu importe les critères de leur choix. La démocratie exige juste de voter et laisse l'individu libre de son choix. Ehouloung est face à un mur et il ne sait pas comment le franchir. Ce n'est pas la faute de Sassou ou de Kolélas si Mbochis et Bakongos votent pour eux en faisant fi de leurs programmes respectifs. Aucun parti ne se présente comme le parti des Mbochis ou des Bakongo.
Ehouloung n'a compris que la démocratie passe par des étapes avant d'arriver à la démocratie de projet. Il ne comprend pas que la tribu ou ethnie fut un mode naturel de regroupement. Et qu'est ce qu'un parti ? Un mode de regroupement des hommes aussi. C'est pour cela que dans la surprise des indépendances, les gens se sont regroupés d'abord naturellement par ethnies dans les villes créées par le colon où toutes les ethnies s'étaient mélangées sous l'autorité du colon, non pas pour former une nation mais pour travailler au service du Mundele.
DANS UN CONTEXTE OÙ LA NATION N'EXISTE PAS, VOUS DEMANDEZ À UNE FOULE ETHNIQUEMENT HÉTÉROGÈNE ISSUE DE TRIBUS DEVENUES ETHNIES CAR DÉPOUILLÉES DE LEUR AUTORITÉ PAR LE COLON BLANC, DE SE REGROUPER EN PARTIS POUR CHOISIR UN CHEF DE TOUS. IL EST NATUREL DANS CE CADRE OÙ LES CHOSES SE METTENT EN PLACE, DE SE REGROUPER SUR UN CRITÈRE QUI LEUR PARAÎT LE PLUS IMMEDIAT, LE SEUL CRITÈRE ÉVIDENT, EN L'ABSENCE D'UNE CULTURE POLITIQUE PRONONCÉE : L'ETHNIE. Quand il s'est agi de former des partis politiques, les colonisés se sont naturellement regroupés par ethnie, la seule chose à laquelle ils s'identifiaient. C'est une étape qui n'est pas encore totalement dépassée mais qui le sera quand nous aurons un Mandela, un président élu qui voudra vraiment bâtir une nation. Pour le moment, ce n'est pas le cas.
On peut constater une évolution de cette mentalité lors de la dernière élection présidentielle avec le score du Général Mokoko dans les ethnies du sud qui ont démontré qu'elles étaient assez émancipées pour choisir un homme selon ses idées et sa moralité. Ce ne fut pas le cas au nord où les ethnies ont toutes voté de façon tribale.
Ehouloung ne comprend pas que ce qui pousse les gens libres de s'agripper sur l'identité du candidat, c'est juste le fait que jusqu'à nos jours, les hommes politiques exploitent l'identité ethnique pour se maintenir au pouvoir - en distribuant des privilèges sur la base de la discrimination ethnique. Tu es Mbochi, Vili, Lari comme moi ? Tiens ceci, je te nomme là, etc. Il suffira qu'un homme politique éclairé prouve qu'il est possible de traiter tous ses concitoyens de façon égale pour que le vote identitaire disparaisse.
Ehouloung qui se dit Téké et fier de l'être n'a pas renoncé à son identité ethnique. N'a-t-il pas soutenu le Général Mokoko parce qu'il était du nord ? Nombreux dénoncent le tribalisme mais soutiennent et ethniquement des candidats, surtout, mes amis du nord. Au sud, on a voté Mokoko ; au nord, ont-ils voté pour Parfait Kolélas ? Non. Le problème n'est donc pas l'identité ethnique mais la politisation de l'ethnie comme lieu de privilèges : le jour où être Mbochi, Téké, Vili, Bembé, etc, ne donnera aucun privilège, alors, nous aurons avancé vers la démocratie de projet.
NE NKOSSI ZA MAKANDA, MWAN' MINDZUMB'
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