COMMENTAIRE : Je publie cette correspondance de mon grand-frère, Davy Albano. A la réflexion, je comprends la guerre de leadership qui se joue au sein de la diaspora : on se positionne pour des enjeux futurs inavoués. Il faut descendre en flèche l'autre dès la première glissade même involontaire. La critique passe de constructive à sauvage, exagérément sauvage. Dans cette lutte, nombreux n'ont pas ma blancheur. Nombreux sont vite tombés séduits par les pesanteurs de l'argent facile. Je laisse l'histoire être mon juge. Et je vois déjà des personnalités comme le docteur Dieudonné Ngoma en Afrique du sud opter pour la voie du dialogue. Mon ami Patrick Eric Mampouya s'inscrit lui dans un dialogue sous l'égide de la communauté internationale. C'est dire que la raison poursuit son petit bonhomme de chemin.
Nous n'avons pas les moyens d'une violence armée et notre peuple divisé n'emprunte pas le chemin de l'insurrection populaire. En France, on s'est insurgé pour une augmentation de quelques centimes du litre de carburant. Au Congo, on se tait après plusieurs mois et années sans salaires et pensions. En France, les gilets jaunes font la preuve qu'un mouvement populaire peut surgir en dehors du chemin balisé des partis politiques totalement paralysés chez nous. On ne voit donc pas la solution sortir de la rue. IL NE RESTE QUE LES VERTUS DU DIALOGUE, LA SAGESSE DU MBONGUI.
Il faut parfois prendre le risque de croire en nous, dans la quête d'une solution collective. C'est cela même l'essence du Mbongui, la recherche collective d'une solution quand le souverain ne parvient pas à la trouver. Pour cela, il faut taire la violence. Suspendre les animosités. Et oser. Certains me rétorquent que les membres du système ne peuvent pas changer. ILS N'ONT POURTANT PAS LE CHOIX : S'ILS NE CHANGENT PAS, ILS RISQUENT D'ETRE SURPRIS PAR LE JEU DE L'HISTOIRE QU'ON APPELLE L'ENTROPIE...
Nous avons copieusement critiqué le système pendant toutes ces années - sans que rien ne change. Non pas que la critique soit inutile dans la mesure où elle met le doigt sur ce qui va mal dans notre société mais il faille désormais la compléter par l'action transformatrice qui fait défaut depuis toutes ces années. Il y a ceux qui veulent demeurer dans la critique pure sans prendre la peine de se mouiller dans l'action. C'est leur droit. En démocratie, nous sommes libres d'emprunter des voies différentes. Du reste, quel mal y a-t-il à améliorer une voie qui n'a conduit qu'au statu quo jusqu'à présent ?
J'ai été invité pour parler du Congo. Je m'y suis rendu innocemment, sans arrière-pensées et sans ambition d'élévation ou de profit personnel. Si j'ai été dupé ou trompé, la faute ne m'incombe pas. De toute façon, ma présence a suffi pour faire du dialogue un enjeu national. UN VRAI DIALOGUE, CE COUP-CI. Si le pouvoir de Brazzaville ne veut pas d'un VRAI DIALOGUE, c'est qu'il se refuse à trouver des solutions aux problèmes du pays. Il tombe dans la Très Haute Trahison (THT). Dans ces conditions, cette démission mettra l'Etat hors-jeu. ON N'A PAS AUJOURD'HUI AU CONGO LES MOYENS DE FAIRE L'ECONOMIE D'UN VRAI DIALOGUE...
Je demande à mes lecteurs et à ceux qui me supportent de ne pas être déçus car j'ai cru en une opportunité pour notre pays. Du reste, cette affaire n'est pas encore terminée. NOUS NOUS SOMMES RETROUVES A PARIS ENSEMBLE CERTES MAIS PAS POUR LES MÊMES RAISONS ET PAS POUR LES MÊMES ENJEUX. CERTAINS COURAIENT D'AUTRES LIEVRES. C'EST TOUT... On parle tous du Congo mais certains font passer l'intérêt personnel avant l'intérêt individuel. Le goût du lucre est passé par là. J'ai pour moi, ma probité jamais mise en cause depuis vingt-un ans.
Si vous refusez de discuter avec ceux qui ne partagent pas votre point de vue, comment pouvez-vous faire avancer votre cause ? Il faut prouver que les autres ont pris la mauvaise voie et indiquer les solutions pour revenir sur le droit chemin.
La diaspora veut rester immaculée en refusant le débat avec ceux qui tiennent le système. Certains répètent à l'envi que le régime de Brazzaville va s'écrouler tout seul. Permettez-moi moi d'en douter. Si le facteur économique tout seul suffisait à faire tomber un régime, il y a longtemps que Denis Sassou Nguesso ne serait plus au sommet de l'Etat : il suffit de voir comment le régime surmonte ses difficultés depuis des ans - sans l'argent du FMI.
Ce régime rentier a encore des choses à livrer aux étrangers pour perdurer. Ne comptez pas trop sur la providence. En attendant, si on peut améliorer tant soit peu les conditions de vie de notre peuple par le dialogue, cette voie est à explorer - ce qui n'empêche pas le destin de poursuivre son travail comme l'espèrent les théoriciens de la chute du ndzokou par mort naturelle - oubliant que l'ETAT EST IMMORTEL EN TANT QU'INSTITUTION. Les hommes passent. Les Etats restent. Rien ne dit qu'un éléphanteau ne peut remplacer un éléphant si ce n'est un tigre ou un buffle ou un léopard.
NOUS AVONS SUFFISAMMENT CRITIQUE LE SYSTEME. IL EST TEMPS D'ŒUVRER A LE TRANSFORMER. PAR PHASES SUCCESSIVES. N'OUBLIEZ PAS QUE LA NATURE EVOLUE PAR PETITES MUTATIONS SUCCESSIVES ET PROGRESSIVES.
Notre extrémisme et notre radicalisme parfois violents n'ont rien donné. La chute de l'hippocampe s'est poursuivie inexorablement. Il faut à présent tenter une autre démarche. Un proverbe dit : " Quand la main gauche n'a rien donné, essaie la main droite..." La politique a deux mains : la critique et l'action. La critique n'a apporté que le statu quo. Il est temps d'essayer l'action qui consiste à proposer de nouvelles solutions pour sortir notre pays de l'abîme. Nous ne le ferons pas pour sauver un homme mais pour d'abord sauver notre pays.
Si j'ai failli, c'est pour avoir cru en notre pays le Congo et dans la solidarité de ses fils à chercher ENSEMBLE des solutions. Je le redis ici : Le Congo appartient à tous ses fils : les menteurs, les cupides, les tribalistes, les voleurs, les assassins, les accusateurs, les profiteurs comme les vertueux. C'est le défi de faire de tous ceux-là un peuple, une VRAIE NATION, qui est notre vrai combat.
NE NKOSSI, NGOMBULU ZA MAKANDA,
LION DE MAKANDA,
MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU
" Très cher cadet LDM, bonjour.
Je suis peiné de constater qu'après 21 ans de lutte comme EVEILLEUR DE CONSCIENCE doublé de LANCEUR D'ALERTE, avec quelle hargne les rétorqueurs s'abattent tous sur toi comme des charognards sans vergogne, suite à ce petit faux pas. Je constate aussi que nombreux se réjouissent de cette imposture où naïvement tu as cru voir une opportunité de débattre des problèmes de notre de notre beau pays le Congo, tenu en otage par le système du PCT. Or c'était sans compter sur la très mauvaise foi des autres, les profiteurs ! Tu n'as en effet, pas l'obligation de répondre en place et lieu de certains concitoyens véreux. Je comprends aisément qu'il est très difficile de vivoter à l'étranger à cause d'un système inique et criminel qui empêche une partie des citoyens à ne pas revenir en toute quiétude au pays ! Que nonobstant tes mises au point, beaucoup font semblant de ne pas te comprendre ! Que ceux-là même qui défendent bec et ongles la NUIT DU POOL en t'excluant faute de ne pas être Lari te traitent de tribaliste et te reprochent de n'être pas allé défendre le génocide des Laris au sommet de l'ONU relève de l'irrationnel ! Nous ne connaîtrons peut-être pas les dessous de table de cette fameuse nuit exclusive du Pool tant qu'aucun traître d'entre eux ne nous aura pas balancé les vrais motifs sur la place publique...
Personnellement je n'ai pas connu une voix plus claire que la tienne pour défendre le Pool et le génocide qui s'en est suivi avec la complicité de quelques fils de la région, au détriment des vies de leurs parents et électeurs. Qui dans ce monde n'est pas faillible ? Doit-on jeter l'eau sale après le bain, ainsi que le bébé ?
Je suis l'un de ceux qui connaissent ta probité morale pour croire à tous ces rétorqueurs qui se livrent à de la vile rhétorique, sans rien proposer. Ce qui est constant c'est que depuis plus de 20 ans nos bruits d'orfraie n'ont jamais troublé le sommeil de l'homme fort d'Edou-Mpila. Donc le statu quo sur un éventuel dialogue n'arrangera nullement les affaires du pays. Il y a eu certes les pseudos monologues d'Ewo, de Dolisie, de Sibiti qui ont tous accouché d'une souris ; cela n'exclut pas la possibilité d'un (VRAI, ndlr) dialogue, vu que le rapport des forces joue en défaveur du pouvoir en place.
Cher LDM, permets moi d' illustrer ta position par une anecdote.
"Il y avait dans une famille un oncle considéré comme un homme sage et représentant tout le monde. Un jour, un bébé vint à tomber sérieusement malade. Le guérisseur de la contrée, consulté par la famille déclara qu'il maîtrisait la situation. La seule condition qu'il exigea était d'aller chercher l'oncle. Les envoyés allèrent au village le prendre derechef. On ne lui laissa même pas, pauvre oncle la possibilité de porter sa culotte car il avait été trouvé en train de prendre son bain. On lui permis juste de s'attacher son pagne autour de la taille, pressé par l'urgence.
À la vue de l'oncle, le guérisseur déclara que sa seule présence allait solutionner le problème du bébé malade. Toute la famille était dans l'expectative. S'adressant au pauvre oncle, il lui recommanda juste de jeter le bébé en l'air et de l'attraper, ceci pendant trois fois des suite. A l'issue de ce cérémonial, le bébé allait automatiquement recouvrer sa santé.
Quoi de plus simple que cela, pensa l'oncle ! Vite il s'exécuta. Le premier et second tour se passèrent sans problème. Au troisième tour, pendant que le bébé était en l'air, contre toute attente, le pagne de l'oncle se dénoua. Le pauvre oncle se retrouva devant le dilemme de soit attraper le bébé et laisser tomber son pagne ou retenir son pagne pour préserver sa nudité et sacrifier le bébé par sa chute.
Tel est le dilemme que pose la situation de notre pays.
Ne te laisse donc pas décourager par ces imposteurs qui ne savent que critiquer sans rien proposer de concret. Nous avons tout compris. Encore COURAGE and do not give up.
God bless you. "