Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
Je viens de suivre une partie du discours du président Emmanuel Macron au Burkina-Faso. Ce n'est qu'un discours qui ne changera pas grand' chose en Afrique. J'explique pourquoi.
La question de l'Afrique est mal posée car le problème de l'Afrique, le vrai problème, n'a jamais été évoqué, certainement masqué par d'autres préoccupations comme la marche vers la démocratie qui n'est pas nécessaire pour atteindre le développement - sinon le Chine et le Japon ne seraient pas des puissances économiques mondiales. En disant cela, je ne minimise en rien l'importance de la démocratie qui est par ailleurs le corollaire des nations développées. Aucun développement ou progrès ne se fait au détriment de soi-même. Il est vraiment temps que l'Afrique défende ses intérêts. Et cela appelle un changement de paradigme éducatif.
L'Afrique est le continent de la dépendance - presque totale car elle importe même des ... idées ! Or, l'idée est la matière première du progrès humain. Et cela, alors que nous avons tous des cerveaux. Notre problème est celui d'être capables de répondre par nous-mêmes à nos propres besoins. Et c'est à ce niveau que les pays du monde entier, France, Chine, etc, doivent collaborer avec l'Afrique. Un continent qui n'est même pas capable de mettre la tomate bio en conserve ! Un continent qui importe l'oignon et l'aiguille ! Qu'on arrête de nous distraire.
Les hommes d'affaires français que le président français représente ne sont pas au Faso pour les Burkinabès mais pour les Français d'abord. L'Afrique doit devenir un continent qui produit les éléments de la satisfaction de ses propres besoins. Or, cela, on n'en parle pas, ça passe inaperçu. THAT IS THE PROBLEM !
Nous ne voulons pas que la Chine construise nos routes et nos barrages : elle doit nous apprendre à le faire par nous-mêmes - si elle a vraiment à cœur d'aider l'Afrique. Il ne s'agit pas de venir prendre nos matières premières - ce qui devrait être interdit mais d'obliger qu'on les transforme sur place avec du personnel africain et que l'Afrique n'exporte que des produits manufacturés comme le fait la Chine.
Voilà le problème de l'Afrique. Produire par et pour nous-mêmes d'abord au lieu de consommer ce qui vient d'ailleurs : produire des produits manufacturés ferait de l'Afrique une puissance exportatrice car il ne s'agit pas d'exporter le cacao et d'importer le chocolat mais d'exporter le chocolat en forçant les industries à venir produire le chocolat sur place pour que les fils d'Afrique profitent du transfert de technologie comme cela se passe en Chine. Cela obligerait les sociétés occidentales à financer des écoles d'ingénieurs en Afrique, des écoles de ponts et chaussées et derrière, on pourrait avoir facilement nos propres monnaies. Il est facile de comprendre pourquoi les Portugais ne nous ont pas apporté la technique pour fabriquer des voiliers mais l'abrutissement par la Sainte Parole trompeuse d'un dieu bien blanc qui autorisait l'esclavage dans sa Bible.
L'or de l'Afrique ne devrait plus sortir du continent mais y demeurer pour permettre le développement de l'Afrique. A chaque fois, les Africains oublient l'essentiel. Ce n'est pas le fait qu'il y aura quelques hommes d'affaires fructueux africains que cela résoudra le problème s'ils fructifient leurs richesses en achetant à l'Europe au lieu de vendre des produits finis à celle-ci. Tant que l'Afrique sera incapable de produire ses propres besoins dans leur totalité ou presque, l'Europe fascinera nos filles et nos fils qui verront dans l'ailleurs un paradis et prendront des risques pour aller Europe, quitte à devenir des esclaves en Libye ou de mourir en Méditerranée.
Si nos enfants peuvent entrer dans des écoles d'ingénieurs en Afrique pour ensuite appliquer leur savoir-faire sur le terrain, voilà qui nous sortirait de la dépendance car nous importons même l'aiguille et le bouton. Kongo Dia Ntotila comptait 3 millions d'âmes et n'importait rien !
Non, ils ne nous aiment pas : ils viennent chez nous soi-disant lutter contre le terrorisme alors qu'ils sont ceux qui l'ont instauré et ceux qui le soutiennent ! Cherchez l'erreur.
Un problème mal posé ne peut avoir de solution adéquate et c'est ce que nous constatons depuis des années. L'Occident et les puissances du monde refusent de bien poser le problème car cela ferait de l'Afrique le continent concurrent de l'Europe et de l'Asie avec les matières premières en plus. L'Occident a juré de ne plus faire avec l'Afrique l'erreur qu'il a faite avec la Chine en la laissant s'industrialiser...
Nous ne produisons même pas nos propres médicaments ou nos propres vaccins. Tout vient de l'étranger et on s'étonne qu'on nous inocule du poison pour réduire la fertilité de nos sœurs et femmes. Il faut que les filles et fils d'Afrique prennent conscience que nos dirigeants ne servent pas l'Afrique mais l'Europe - même s'ils sont élus démocratiquement. Imaginez une guerre mondiale qui empêcherait que l'Afrique importe tout ce qu'elle importe et consomme aujourd'hui. Je vous laisse imaginer le désastre.
Je fais une extrapolation concernant l'arrestation arbitraire de madame Munari et de monsieur Miérassa. Il faut que la dictature de l'Alima cesse de trembler à la moindre petite manifestation. Ou bien il est permis de manifester dans ce pays ou bien cela est totalement interdit. Il est facile de comprendre que la peur pousse le régime des gangsters barbares à redouter la moindre manifestation devienne généralisée mais c'est en empêchant toute expression populaire que les choses basculeront un jour dans une insurrection générale que personne ne verra venir.
Emmanuel Macron ne se rendra certainement pas au Congo, lui qui serait forcé de donner des leçons de démocratie à Denis Sassou Nguesso qui enferme ceux qui le battent à la régulière aux élections. Lorsque la violence est la seule réponse qu'un régime puisse apporter à un peuple, c'est qu'il est déjà en état de décomposition. Denis Sassou Nguesso ne peut plus rien apporter au peuple congolais sinon la violence. Cela montre qu'il n'a plus sa place au sommet de l'Etat et que sa fin est proche.
Pour revenir à l'Afrique, il nous faut une nouvelle génération d'hommes politiques pour poser le problème comme il se doit. Si nous produisons nos propres besoins, l'augmentation de la population africaine ne sera plus un problème pour personne. Hélas, tant que nous importerons même le poisson - alors que ce dernier meurt de vieillesse dans nos fleuves, nous pourrons élire démocratiquement nos présidents que cela ne résoudra rien : nos enfants continueront à mourir de faim - parce que nous ne produisons pas la substance de notre propre existence ! Il y a bien entendu l'essentiel et le superflu dans nos besoins actuels satisfaits par l'extérieur.
La Chine et le Japon ne sont pas des démocraties. Leur force réside dans ce que ces deux pays produisent eux-mêmes la matière de satisfaction de leurs propres besoins. Et c'est en cela qu'ils acquièrent la respectabilité des autres nations. Interdisons juste l'exportation des matières premières brutes et nous verrons enfin des usines venir s'implanter en Afrique, des usines qui ouvriront le chemin à des écoles d'ingénieurs. Les Chinois exigent que les Européens exportent des produits finis pour les obliger à transférer de la technologie. Si on exportait non pas du coltan mais des téléphones portables, l'Afrique n'aurait aucun mal derrière à produire des téléphones made in Africa ou du chocolat made in Africa.
Non, mes frères, nous ne posons pas bien le problème et jamais nous n'aurons la solution. Il est temps de comprendre ce qu'est notre problème : ce n'est pas la ressource mais l'industrie de la connaissance transformante. Un problème mal posé ne sera jamais résolu. On nous achète du cacao à bas prix et on nous revend du chocolat à prix d'or. Bon sang, vendons du chocolat au lieu d'exporter du cacao !
Si nos routes et nos barrages étaient construits par des sociétés africaines, l'argent resterait en Afrique. Si nous produisons nous-mêmes les produits qui satisfont nos propres besoins, l'argent resterait en Afrique au lieu d'aller ailleurs. Un pays ne peut que s'appauvrir s'il est un incapable de retenir des devises. Et pour cela, il faut que l'Afrique devienne un marché pour l'Afrique. Or, nous sommes sous la fascination des produits manufacturés occidentaux au point de rejeter ce qui est produit en Afrique par des Africains ! Ah, l'aliénation ! Hélas, qui comprendra ce que je dis ici dans un tout petit blog ? J'ai néanmoins conscience que les idées circulent très vite à l'âge des réseaux sociaux. Si vous trouvez ceci important, partagez sans modération !
Si les macaques du Congo attendaient que les fruits dont dépend leur survie viennent des cigognes de France, il n'y aurait plus de macaques au Congo. Les animaux ont ceci en différence avec l'homme qu'ils ne vendent rien à leurs semblables ou aux autres animaux. Dans la jungle, il faut survivre par soi-même ou mourir. Or, notre monde est une jungle économique au sens propre. Il faut que l'Afrique apprenne les leçons de la nature.
Question : si les Africains ont tout pour réaliser leurs rêves en Afrique, que viendraient-ils faire en Europe ? Réponse unique : juste du tourisme !
LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU