Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
En général, les problèmes politiques s'apparentent au masque qui cache les problèmes économiques d'un pays. Il est souvent très astucieux de noyer les problèmes économiques d'un pays en n'exposant dans les médias que les problèmes d'ordre politique - parfois volontairement provoqués par les Etats. Nous l'observons dans de nombreux pays africains mais pas seulement. Pour illustration, le Congo se livre à la chasse au pasteur armé - ce qui occulte parfaitement le coup d'Etat électoral de Denis Sassou Nguesso ou les difficultés d'un Etat en faillite ou presque tandis que le Gabon se focalise sur l'affrontement Ali-Ping là où la RDC ergote sur le dialogue sans dialogue et que la Côte-d'Ivoire se focalise sur son référendum visant la modification de la constitution dont nous devinons aisément le but : il suffit de se demander à qui cela profite...
Une dictature prétend toujours rompre avec de vieilles pratiques quand elle joue un mauvais tour au peuple floué une fois de plus de son bon droit. Comme pour se faire pardonner. Hélas, cela ne fonctionne jamais. Au Congo, Clément Mouambe, virtuel premier ministre, veut chasser du fonctionnaire à défaut de capturer le pasteur Ntumi. C'est un gibier à sa hauteur - si son filet n'est pas volontairement troué par son propre Etat. Si l'Etat congolais veut recenser les fonctionnaires, cela signifie que le paiement de la masse salariale publique pose problème par son poids sur le Trésor public qui cherche à faire des économies. Recenser les fonctionnaires n'a pour seul intérêt que de débusquer les fonctionnaires qui ont déserté leurs postes tout en continuant à toucher leurs salaires et les fonctionnaires fictifs - afin de réduire les charges indues de l'Etat. Cela a déjà été tenté par le passé sans succès. Il y a aussi l'armée. Eh oui, on pense qu'il y a des soldats fictifs à côté de ceux qui perçoivent plusieurs salaires. Cependant, le régime venu des bords de l'Alima concentre plus de moyens et de finances à chasser Ntumi qu'à chasser les faux fonctionnaires et les fonctionnaires véreux. Et on ose nous parler de rupture ! Une rupture sans véritable divorce avec le vice, la violence et l'impunité ! Bref, une rupture verbale dans la continuité d'une action perverse. La rupture ici n'est que manipulation. Une pure intention sans épaisseur, une intention masquante désireuse de faire illusion..
La baisse drastique du prix du baril de pétrole aurait au moins pu permettre de diversifier l'économie congolaise ou d'assainir la gestion de la fonction publique mais il ne faut pas rêver : rien ne changera vraiment, la corruption, moyen de gagner de l'argent facile, ayant gangrené gravement le pays. Le problème des charges de l'Etat s'étend aux sociétés et entreprises privées qui voient le Congo avoir des difficultés de respect des contrats signés au point où les sociétés italiennes demandent à être payées directement par ENI comme le gouvernement chinois a pris le soin de prendre en charge la dette du Congo auprès des entreprises chinoises.
Ces difficultés fonctionnelles au niveau budgétaire ne sont pas le propre de l'Etat congolais. Le Gabon, le Cameroun et de nombreux Etats de la sous-région souffrent aussi des mêmes maux. Les fonctionnaires gabonais affiliés à la banque postale du Gabon se plaignent de ne plus recevoir leurs salaires dans leur totalité - et il ne leur est pas possible de changer de banque. Si la banque postale fait faillite, ils perdront leurs économies qu'on ne leur permet même plus de retirer. Le ralentissement économique se faire sentir aussi dans ce pays qui connaît une instabilité politique comme le Congo qui a perdu une place dans le classement Doing Business. Pourtant, le gouvernement congolais de fait ne pense qu'à faire du Pool un nouveau Vietnam, détruisant au passage le peu d'infrastructures qui se trouvent dans cette région. On nous parle de "justice", de "procès" - comme si les ninjas-nsiloulous et le pasteur Ntumi auront droit à des avocats pour garantir un procès pour peu potable mais nullement équitable - avec présomption d'innocence. Au Congo, on est présumé coupable, l'Etat se chargeant de fabriquer les fausses preuves qui vous accableront. Il est question de juger une soixantaine de personnes, toutes des supposées ninjas-nsiloulous dont le lien avec Ntumi n'est même pas certifié. Si ce n'était pas une parodie de justice, le pasteur Ntumi aurait pu se faire représenter par ses avocats pour assurer sa défense. Hélas, nous savons tous que le gangstérisme d'Etat légalisé par un ministère de l'injustice ne le permettra pas.
Une dictature n'a comme préoccupation que la conservation du pouvoir ; tout le reste peut être sacrifié. Aussi, l'essentiel pour un dictateur comme Denis Sassou Nguesso ne se trouve pas dans l'excellence, la compétence, la qualité ou la vertu des hommes qui font fonctionner le système mais dans la recherche des hommes zélés à défendre le régime. A tout prix. L'économie de rente suffit largement pour maintenir en place un tel système qui ne prend nullement en charge les besoins de tous. Il est parfaitement compréhensible que la dictature cherche à identifier les démocrates, les hommes vertueux pour les surveiller, les contrecarrer, voire les éliminer. Dialectiquement cependant, la dictature crée malgré elle une conscience démocratique car tous les excès d'un système finissent par permettre à tous de se faire une idée sur la bonne norme, sur la bonne mesure démocratique et républicaine. La dictature est un égoïsme politique, une escroquerie économique, un désert judiciaire, une jungle qui cultive les antivaleurs qu'elle prétend pourtant combattre, un mépris de l'homme et de la vie. Malgré elle, la dictature travaille à s'autodétruire car elle ne peut se maintenir sans excès de vices et de violence gratuite et tout excès finit par vous tuer. La dictature sonne comme une privatisation de l'Etat, de la république et des ressources d'un pays. En somme, une colonisation venue et entretenue de l'intérieur mais néanmoins imposée de l'extérieur - par procuration.
En attendant, les problèmes économiques, les problèmes environnementaux, sanitaires, éducatifs, entre autres, passent au second pour ne pas dire au dernier plan. De toute façon, quand les dictatures ont payé leur "faiblesse publique" (mercenaires légaux d'Etat), pour parler comme Asié Savon de Marseille, elles peuvent dormir en paix. Dans les pays dits civilisés, les problèmes économiques viennent au premier plan. La politique n'étant en fait qu'un des moyens de les résoudre. Notre continent a très bien été piégé par l'Occident. L'Afrique doit d'abord surmonter la barrière démocratique avant de prétendre escalader le Kilimandjaro des problèmes économiques. Si nous parvenons pas à instaurer des démocraties stables ou des régimes démocratiques quel que soit le mode de gouvernance choisi, nous ne pouvons pas espérer surmonter nos problèmes économiques. Pendant que nous nous débattons avec l'os politique que les puissances du monde nous ont jeté entre les pattes pour nous distraire, nous n'avons pas le temps de réaliser que les étrangers nous dérobent la chair, la substance même de notre richesse, nous appauvrissant chaque jour qui passe. C'est triste, tragique et suicidaire. Bref, c'est noir, violent, c'est l'Afrique.
LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU