Société
Vous êtes roumain et ouvrier de l’étanchéité et de l’isolation ou sénégalais et chef de chantier du BTP ? Vous exercez donc des métiers qui connaissent des difficultés de recrutement. La France vous entrouvre la porte de son marché du travail. Le 20 septembre, les ministères de l’Immigration et de l’Economie ont envoyé aux préfectures une circulaire les autorisant à délivrer des autorisations de travail aux ressortissants des dix nouveaux Etats membres de l’Union européenne et des pays tiers, ont révélé les Echos vendredi.
Mais attention, tous les emplois ne sont pas ouverts à tous. Cinquante métiers, plutôt peu qualifiés, sont réservés aux Européens de l’Est. Trente, très qualifiés, au reste du monde. Deux listes distinctes ont été établies, dont Libération avait révélé le contenu le 29 octobre. Selon les Echos, le total des postes concernés représenterait 4 % du marché du travail.
Tous les représentants des pays tiers ne sont toutefois pas logés à la même enseigne. Il y a d’abord ceux dont les gouvernements ont signé avec la France «un accord bilatéral de gestion concertée des flux migratoires et de développement» : Sénégal, Gabon, Congo, et prochainement Bénin, Tunisie et Philippines. Ceux-là peuvent se voir offrir une liste plus large de métiers. Il y a aussi l’Algérie et la Tunisie. Pour l’heure, les accords existant entre ces deux pays et la France font que «les dispositions de la présente circulaire [ne leur sont] pas applicables». En clair, ils ne bénéficient pas de cette ouverture, très contrôlée, du marché du travail. La circulaire rappelle toutefois que des négociations sont prévues avec la Tunisie en vue de la signature d’un accord bilatéral de gestion concertée, à l’issue desquelles de nouvelles instructions seront données aux préfectures. Pour les Algériens, en revanche, rien n’est annoncé.
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